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police scientifique

Affaires " Action Directe " 66 attentas revendiqués.

  "Action directe est un groupe de terroriste qui  a revendiquĂ© entre 1979 et 1986, environ 66 attentats. Leur  premier attentat fut kle mitraillage du GNPF, et qui date du 1er mai 1979, et leur dernier attentat date du  17 novembre 1986,et consistait Ă  l  assassinat de M. Georges Besse.

    Durant cette pĂšriode , les attentas devenaient de plus en plsu important . Au dĂ©but , il n'Ă©tait que des "simples poseurs de bombes " et peu habile ,mais au fur et Ă  mesure ils vont devenir des assassins , surtout Ă  partir de 1985 . Leur premiĂšre victime fut   l’ingĂ©nieur gĂ©nĂ©ral de 1 classe RenĂ© Audran, directeur des Affaires internationales au ministĂšre de la DĂ©fense. Il est tuĂ© par balle  juste devant chez lui Ă   La Gelle-Staint-Clouf, sous les yeux de sa fille,cela date du 25 janvier, vers 20h30. Suite a cela viennent  les tentatives de meurtres par balles contre le contrĂŽleur gĂ©nĂ©ral des armĂ©es Henri Blandin (36 juin 1985), Ă  Paris, et contre le vice-prĂ©sident du GNPF, Guy Brana, et son chauffeur au VĂ©sinet, le 14 avril 1986, et enfin l’assassinat de Georges Besse, PDG de la rĂ©gie Renault depuis janvier 1985. A partir de fin 1985, dĂ©but 1986, la dĂ©termination du groupe terroriste n'a cessĂ© d'augmenter on le voit bien a travers  le mitraillage et l’attentat Ă  l’explosif du siĂšge d’Interpol qui Ă©tait, a cette Ă©poque, situĂ© 26, rue Armangeaud a Saint-Cloud.

   Leurs activitĂ©s vont prendre fin le samedi 21 fĂ©vrier 1987 dans leur "planque" : une ferme situĂ©e a Vitry-aux-Loges, petit village Ă  la pĂ©riphĂ©rie d’OrlĂ©ans. La dĂ©couverte de leur repĂšre a pu ĂȘtre possible suite Ă  divers renseignements sĂ©rieux, rĂ©cupĂ©rĂ©s par trois services de police depuis plusieurs semaines, le signal de l’assaut Ă  la ferme est donnĂ© Ă  20h50 par la haute

autoritĂ© de tutelle. Et ce sera en  cinq minutes que  les quatre chefs de l’organisation : Jean-Marc Rouillan, Nathalie Menigon, JoĂ«lle Aubron et Georges Cipriani, vont ĂȘtre interceptĂ©s et neutralisĂ©s par les hommes du RAID qui ont surtout comptĂ© sur l'effet de surprise afin d’éviter une tuerie car  les membres d’action directe Ă©taient puissamment armĂ©s. L’opĂ©ration 

policiĂšre fut un succĂšs total : aucune victime dans un camp comme dans l’autre.Cela est due Ă  une force policiaire importante : trois services de police, maĂźtres-chiens, hĂ©licoptĂšres, etc. 

Une fois l'arrestation finie , la perquisition des lieux commencent :  elle sera longue : elle se terminera le dimanche 22 fĂ©vrier, en fin de matinĂ©e lorsque plusieurs magistrats instructeurs de la 14e section du parquet chargĂ©s du dossier terrorisme arrivent sur les lieux. La perquisition sera trĂšs importante car la ferme Ă©tait en fait le centre opĂ©rationel du groupe terroriste .

L’arsenal dĂ©couvert est impressionnant et comprend onze armes au total  : trois a rĂ©pĂ©titions, un fusil d’assaut Fal, un pistolet mitrailleur Vigneron et une mitrailleuse Sten ; deux revolvers Smith et Wesson, six pistolets automatiques dont 3 colts 45, cal . 11,43mm, un GP 35 mm Sig Sauer (cal. 9mm) et un Herstal (cal. 7.65mm), une dizaine de boites de munitions, A cela s’ajoute un lot d’explosifs en bĂątons, une centaine de dĂ©tonateurs (Davey Bickford)  et plusieurs centaines de mĂštres de cordeaux dĂ©tonateurs, des minuteries et un manuel technique pour piĂ©ger un vĂ©hicule par explosif.

    Les expertises balistiques effectuĂ©es sur la demande de Jean-Claude Willemin, magistrat instruisant les dossiers Audran Besse, Brana et Blandin par les ingĂ©nieurs du laboratoire du quai de l’Horloge ont Ă©tĂ©  menĂ©esle plus prĂ©cisĂ©ment possible .GrĂące Ă  cela , on sait que sur les onze armes saisies, sept ont servie pour  tuer ou blesser. Le fusil d’assaut Fal de cal. 5.62mm a Ă©tĂ© utilisĂ© contre Guy Brana et M. Fernandez, son chauffeur blessĂ© de deux balles. Le pistolet mitrailleur Vigneron a servi contre le contrĂŽleur gĂ©nĂ©rale Blandin ou seule sa voiture a Ă©tĂ© touchĂ©e, mais aussi dans l’attentat contre Brana. Le revolver Smith et Wesson 38 spĂ©cial a achevĂ© Georges Bessen et le pistolet GP 35, a Ă©galement Ă©tĂ© employĂ© au cours de la fusillade. Enfin, le pistolet Sig Sauer est celui de la tentative d’assassinat d’Henri Blandin.

    Le travail  des techniciens en balistique n’a pas Ă©tĂ© facile, mais l’étude des balles au microscope comparateur, des douilles (impact de percuteur) et celle des traces de l’extraction de la culasse et de l’éjecteur ont permis une identification rapide malgrĂ© le classique maquillage. En effet, il suffit de passer Ă  trois ou quatre reprises un gros papier de verre dans un canon pour fausser ces rayures capitales et modifier la signature d’une arme. On peut aussi, comme le faisait Mesrine, donner un coup de lime sur le percuteur, compliquant ainsi diablement l’identification des douilles. Ou encore , solution radicale, changer soit le canon, soit le corps de l’arme coupable. C’est prĂ©cisĂ©ment ce dernier stratagĂšme qu’a utilisĂ© Action Directe pour l’assassinat de Georges Besse se servant du pistolet GP 35 dont le canon, aprĂšs utilisation, a Ă©tĂ© replacĂ© sur le corps d’une arme neutre.

    Le plus extraordinaire est la dĂ©couverte d’une Ă©norme quantitĂ© de documents comportants une grande partie des archives et des plans futurs du groupe ainsi que du matĂ©riel servant Ă 

leur Ă©laboration (photocopieur, plusieurs machines Ă  Ă©crire, planches de lettres de transfert du type Letraset, des enveloppes <Ă©cru>, le logotype original, constituĂ© par une Ă©toile Ă  cinq branches, etc.). Grace Ă   l’étude des documents que la "bande des quatre"on a pu voir qu'ils  s’intĂ©ressait Ă  tout et avait constituĂ©e de nombreux dossiers sur des personnalitĂ©s politiques, patronales ou du Tout-Paris, des carnets d’adresses, des faux en tous genres (papiers d’identitĂ©, cartes de ministre, fiches d’état civil, etc.), des documents techniques sur les explosifs et

les dispositifs de mine a feu, les matrices originales des revendications envoyĂ©es aux mĂ©dias, notamment la revendication de l’assassinat de Georges Besse.

    Une grande partie des documents saisis a Ă©tĂ© utile pour plusieurs expertises "fleuves". Ce fut un Ă©norme travail car dans un dĂ©lai court  chaque document a Ă©tĂ© identifiĂ© sur le plan dactylographique, reprographiques, support papier, façonnage des enveloppes, fabrication des faux documents, etc. Pour chaque affaire, un tableau synoptique Ă©tablissant la communautĂ© d’origine des lettres de revendications Ă  partir d’élĂ©ments distincts a Ă©tĂ© Ă©tabli. C’est ainsi qu’il a Ă©tĂ© possible de raccorder entre eux 25 textes de revendications d’attentats entre la revendication adressĂ©e Ă  l’AFP concernant l’attentat contre l’Institut atlantique des affaires internationale, le 12 juillet 1984, et le texte de revendication de l’assassinat de Georges Besse,

le 17 novembre 1986. Il a Ă©tĂ© Ă©galement retrouvĂ© certains documents qui avaient Ă©tĂ© fabriquĂ©  par l’officie dĂ©couverte en 1981 et dont l’expertise avait durĂ©e huit mois.

    Pour la petite histoire, signalons que, pendant les perquisitions, les services de police ont utilisĂ© le photocopieur canon PC 25 et plusieurs machines Ă  Ă©crire pour les besoins de la procĂ©dure.

    Lorsque ces matĂ©riels ont Ă©tĂ© transmis aux experts, les cartouches noire, rouge, verte et marine du copieur Ă©taient pratiquement vides.  Une remarque analogue peut ĂȘtre formulĂ©e pour

les rubans cassettes Ă©quipant certaines des machines Ă  Ă©crire. L'identification fut presque impossible. Cela aurait Ă©tĂ© fort prĂ©judiciable sachant que les terroristes ne font jamais d'aveux, et dans le cas d’"action directe" ses membres restaient muets pendant les interrogatoires aprĂšs avoir indiquĂ© qu’ils n’avaient rien Ă  dĂ©clarer. Cette stratĂ©gie de dĂ©fense s’est prolongĂ©e pour chaque affaire pendant les diverses audiences de la cour d’assises spĂ©ciale qui se sont toujours dĂ©roulĂ©es devant un box des accusĂ©s vide.

    Au final , les membres de l’organisation sont condamnĂ©s, en 1994, Ă  la rĂ©clusion criminelle Ă  perpĂ©tuitĂ© assortie d’une pĂ©riode de suretĂ© de dix-huit ans, notamment pour l’assassinat du gĂ©nĂ©ral Audran en 1985 et de l’ancien PDG de Renault, Georges Besse, quelques mois plus tard.